Les différentes techniques d'assèchement des murs

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Les remontées capillaires sont une source d’humidité souvent rencontrées dans les immeubles anciens de plus de 50 ans pour lesquels les maçonneries n’ont pas eu de coupure de capillarité (mise en place d'une barrière étanche) lors de la construction. Pour arrêter la remontée capillaire, il faut en éliminer la cause.

Ooreka vous explique le phénomène de remontées capillaires que l'on peut rencontrer et vous présente les différentes techniques d’assèchement des murs.

Remontées capillaires : définition

Afin de bien éradiquer les effets de ces remontées capillaires, il est important d'identifier les différents phénomènes rencontrés. Le terme « remontées capillaires » est généralement utilisé pour deux phénomènes bien distincts, qui aboutissent à des remèdes différents :

  • les remontées capillaires par effet de mèche ;
  • les remontées d’humidité tellurique par électro-osmose.

Les remontées capillaires par effet de mèche

C’est le même phénomène qui aspire l’encre sur le buvard ou le pétrole dans la mèche de la lampe. Nous l’observons également au quotidien avec les remontées de café dans un morceau de sucre.

Dans le domaine de la construction, il est caractérisé par les remontées d’eau visibles sur l’enduit d’un mur, causées par la présence d’une flaque d’eau à la base de ce mur ou par un sol très humide. Les zones humides se limitent au maximum à une quarantaine de centimètres de hauteur. La limite entre zones humide et sèche est généralement rectiligne.

La nature et la porosité des matériaux qui constituent les murs (brique, pierre, bois, plâtre, torchis, etc.) ont une influence importante sur la hauteur des remontées capillaires par effet de mèche. Les remontées capillaires par effet de mèche ne dépendent pas du champ magnétique ou électrique local, mais seulement de la structure et des matériaux qui constituent le mur.

Les remontées d’humidité tellurique par électro-osmose

Le phénomène d’électro-osmose est mal connu et souvent confondu avec les remontées capillaires par effet de mèche. L’électro-osmose est le transfert d’un liquide à travers une paroi poreuse sous l’influence d’un champ électrique.

L’ascension de l’eau chargée de sels minéraux (nitrates, sulfates) contenus dans le sous-sol est provoquée par la différence de potentiel entre le bas du mur, humide et chargé positivement, et le haut du mur, sec et chargé négativement. Cette tension électrique naturelle est très faible, de l’ordre de 300 à 1 200 mV selon la nature des sites et de leur sous-sol. L'origine de ce phénomène provient de la présence de champs électromagnétiques sous les constructions, qui sont générés par le frottement de l'eau des sources souterraines ou veines d'eau sur les roches.

Les dégâts engendrés par les remontées d’humidité tellurique peuvent atteindre au maximum 1,5 m de haut à condition que le mur présente des zones d’évaporation (c'est-à-dire qu’il ne possède pas d’enduit ciment ou un autre revêtement imperméable). La limite entre zones humide et sèche est irrégulière.

Les différentes techniques d'assèchement pour lutter contre les remontées capillaires

Le choix et l'installation d'un système d'assèchement des murs ne s'improvisent pas. Il est impératif de commencer par faire établir un diagnostic par un professionnel de l'humidité, qui identifiera la cause du problème et vous proposera la solution adaptée à votre situation. 

Les coupures de capillarité

Les techniques consistant à faire une coupure de capillarité en réalisant soit une barrière physique (insertion de plaques métalliques), soit une barrière chimique (imperméabilisation par injection) auront un effet positif sur les deux types de remontées capillaires.

La réalisation d'une barrière physique consiste à couper dans l’épaisseur la base des murs humides, le plus bas possible, dans un joint horizontal, afin d’insérer une barrière étanche. Cette dernière peut être constituée de feuilles de plomb, de bitume armé, de plastique armé, ou de plaques ondulées en acier inoxydable ; on peut aussi réaliser une injection d’un mortier spécial à base de résine synthétique.

La réalisation d'une barrière chimique, c'est-à-dire l’imperméabilisation par injection (appelée également hydrofuge de masse) consiste, après percement du mur, à injecter des résines, des gels ou des crèmes de nature hydrophobe afin de créer une barrière étanche contre les remontées capillaires.

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Les procédés par électro-osmose et système géomagnétique

Pour lutter spécifiquement contre les remontées d’humidité tellurique, d’autres techniques se sont développées : l’électro-osmose (passive, active ou phorèse) ainsi que les systèmes géomagnétiques. Elles ont toutes pour principe d’inverser le champ électrique à l’origine de l’ascension de l’eau dans le mur.

Les trois types d'électro-osmose

L’électro-osmose passive consiste à créer une pile électrique dans le mur en implantant des électrodes de matériaux différents. L’anode est constituée d’électrodes de cuivre scellées dans la maçonnerie, alors que la cathode (terre) est constituée par un métal moins noble (magnésium), les deux électrodes étant reliées par un conducteur isolé. Ainsi, la polarité naturelle mur/sol est inversée sans apport d’énergie.

L'électro-osmose active désigne les systèmes dans lesquels il est créé une différence de potentiel entre la maçonnerie et la terre, tout comme l'électro-osmose passive, mais en interposant une source de courant continu entre les électrodes dans le mur et la prise de terre.

Dans le procédé de l’électro-osmose phorèse, il est ajouté, conjointement à la mise en place des électrodes, des produits spécifiques dits de phorèse. Sous l’effet du nouveau champ électrique créé, ces produits sont entraînés dans les capillaires du mur et provoquent ainsi leur obturation et la suppression à terme des remontées d’eau.

Ce dernier procédé nécessite un temps de fonctionnement limité (18 mois à 2 ans), au-delà duquel les capillaires étant colmatés et l’humidité ascensionnelle stoppée, les électrodes peuvent être débranchées.

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Les systèmes géomagnétiques

L’assèchement géomagnétique. Le principe consiste à créer un contre-champ au champ électromagnétique terrestre qui est à l’origine des remontées d’humidité tellurique.

Le procédé se présente sous la forme d’un boîtier compact, doté de composants électroniques qui jouent le rôle de récepteurs/émetteurs.

Le boîtier est installé à environ 0,80 m du sol, en un point central du bâtiment afin d’atteindre sa périphérie. Les fabricants proposent différentes versions de boîtiers, dont le rayon d’action varie de 10 à 50 m en fonction de la surface à traiter.

Ce procédé fonctionne quelle que soit l'épaisseur des maçonneries ou leur constitution (pierre, brique, moellon). Il convient à tout type de bâtiments : maisons, églises ou châteaux. Il permet de traiter les murs périphériques, les murs de refend ainsi que les sols.

L’installation d’un boîtier géomagnétique doit être réalisée avec l’aide d’un géomagnétomètre pour vérifier la présence des champs de stimulation électromagnétique du sous-sol à l'origine des remontées d’humidité tellurique. Si les champs électromagnétiques ne sont pas suffisamment importants, ce procédé ne pourra pas fonctionner.

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Les autres procédés

Les conduits de ventilation

D’autres systèmes basés sur la mise en place de conduits de ventilation dans un espace tampon entre les murs humides et les parois intérieures existent sur le marché.

Des conduits (tuyaux en PVC perforés) de soufflage d’air neuf et d’aspiration de l’air humide sont placés dans les espaces tampons. Ils sont reliés à des petits ventilateurs et un programmateur. Un fonctionnement de quelques dizaines de minutes par jour est suffisant pour assécher les murs de façon naturelle.

Cette solution est adaptée au traitement des remontées d’humidité tellurique ainsi qu’aux infiltrations latérales de murs enterrés.

Les siphons ou drains atmosphériques

Nous pouvons citer également la technique très ancienne des siphons ou drains atmosphériques pour traiter les remontées d'humidité tellurique. Cette méthode d’assèchement consiste à forer des trous dans les murs humides, à l’intérieur ou à l’extérieur, sur deux tiers de leur épaisseur. Des tubes poreux (appelés aussi siphons ou drains) en terre cuite, plastique perforé ou métal ajouré sont scellés au mortier dans ces trous. Le principe repose sur la création de zones d’évaporation à l’intérieur des murs pleins en maçonnerie. L’humidité des remontées d'humidité tellurique est absorbée par capillarité par le mortier, puis par le drain.

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